20 Mai 2026

Journée mondiale de la diversité culturelle 2026 : célébrons avec les mots des autres

Communication Interculturelle

Le 21 mai, l’UNESCO célèbre la diversité culturelle. Pour 2026, Akteos vous invite à explorer la richesse du monde par un angle inédit : les mots intraduisibles que d’autres langues ont inventés.

Journée mondiale de la diversité culturelle 2026 : célébrons avec les mots des autres

Le 21 mai, plus qu’une date sur le calendrier UNESCO

Chaque année, le 21 mai marque la Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement. Proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2002, elle prolonge la Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle, adoptée un an plus tôt.

Cette journée porte trois ambitions affirmées :

  • favoriser le dialogue interculturel pour réduire les incompréhensions
  • intégrer la dimension culturelle dans le développement durable
  • valoriser la pluralité comme un patrimoine commun de l’humanité

À mesure que les organisations s’internationalisent, le 21 mai cesse d’être un rendez-vous symbolique pour devenir une occasion concrète de regarder autrement nos pratiques managériales. Et si l’on commençait par les mots ?

Ces mots qui n’existent pas en français

Il existe, à travers les langues du monde, des centaines de mots sans équivalent exact en français. Ils nomment des émotions, des relations, des moments, des manières d’habiter le monde que nos dictionnaires laissent muets. En voici six, choisis pour leur force évocatrice.

Saudade (portugais)

Une nostalgie tendre, presque douce, pour ce qui a été ou aurait pu être. Plus qu’une absence, une présence en creux. Le mot a infusé tout le fado, et bien au-delà.

Ikigai (japonais)

Littéralement « la raison d’être ». Cet équilibre entre ce qu’on aime, ce dans quoi on est bon, ce dont le monde a besoin et ce qui peut nous faire vivre. Un mot devenu mondialement célèbre, mais dont la profondeur se perd souvent dans la traduction marketing.

Gezellig (néerlandais)

La convivialité chaleureuse d’un moment, d’un lieu, d’une compagnie. Un dîner aux Pays-Bas peut être gezellig. Un café aussi. Une conversation avec un collègue. Le mot dit beaucoup d’une culture qui valorise l’art d’être ensemble sans cérémonie.

Sobremesa (espagnol)

Ce moment qui suit le repas, quand on reste à table pour parler, parfois longtemps. Ni le repas, ni vraiment l’après. Un temps suspendu que la langue espagnole a jugé suffisamment important pour le baptiser.

Tsundoku (japonais)

L’art d’accumuler des livres qu’on ne lira pas. Le mot, sans jugement, désigne cette pile qui grandit sur la table de chevet. Beaucoup de lecteurs francophones reconnaîtront le phénomène. Mais en français, nous n’avons jamais inventé le mot.

Mamihlapinatapai (yagan, Terre de Feu)

Ce regard que deux personnes échangent quand chacune souhaite que l’autre fasse le premier pas, sans oser le faire. Issu d’une langue aujourd’hui en très grand danger d’extinction, ce mot a été surnommé l’un des plus poétiques au monde.

Six mots, six fenêtres ouvertes sur six manières de regarder le réel.

Le mot de nos consultants

Trois experts d’Akteos ont choisi le leur : wuwei, ubuntu, kairos. Trois langues, trois cultures, trois façons d’aborder l’interculturel autrement.

Pourquoi un mot intraduisible est un trésor culturel

Quand une culture invente un mot, c’est qu’elle a jugé important de nommer quelque chose. Et lorsque ce mot ne se traduit pas, il révèle une nuance, une expérience, une priorité que d’autres cultures n’ont pas isolée.

Le chercheur Tim Lomas, aujourd’hui rattaché au Human Flourishing Program de l’Université Harvard, en a fait un projet de recherche au long cours. Son Positive Lexicography Project, démarré en 2016 avec 216 termes, recense aujourd’hui plus de 1 600 mots intraduisibles liés au bien-être, issus de langues du monde entier. Ce travail montre, par les chiffres, à quel point notre vocabulaire ne nomme qu’une fraction des expériences humaines possibles.

L’idée n’est pas neuve. Au début du XXe siècle, l’hypothèse de Sapir-Whorf suggérait déjà que la langue façonne, en partie, notre vision du monde. Si vous n’avez pas de mot pour sobremesa, êtes-vous aussi attentif à ce moment qu’un Espagnol ? Probablement pas.

L’absence d’un mot dit aussi quelque chose. Pourquoi le français n’a-t-il pas d’équivalent à gezellig ? Pas parce qu’aucun francophone n’a jamais éprouvé de convivialité, bien sûr. Plutôt parce que d’autres mots ont occupé l’espace : ambiance, cocon, chez-soi. Aucun n’épouse exactement la nuance néerlandaise. Cette différence-là, c’est la diversité culturelle vue par le menu.

En entreprise, comprendre les mots, c’est comprendre les gens

Cette curiosité linguistique n’a rien d’académique pour les organisations qui travaillent à l’international. Ces nuances structurent silencieusement nos relations professionnelles. Trois exemples concrets.

En recrutement international

Un candidat coréen évoque le jeong qui le lie à son équipe. Si vous l’entendez comme « amitié », vous passez à côté. Le jeong est un attachement lent, tissé dans le temps, qui mêle loyauté, affection familière et sens du devoir. Comprendre ce mot, c’est mieux évaluer la motivation réelle du candidat à quitter, ou pas, son employeur actuel.

En management à distance

Une équipe suédoise parle de fika. Si vous l’inscrivez dans l’agenda partagé comme « pause-café », vous vous trompez de format. Le fika est un rituel social structurant, qui crée la confiance horizontale et qui se prend, idéalement, sans hiérarchie visible. Le sauter trop souvent, en management hybride, c’est éroder un capital relationnel invisible.

En négociation

Un partenaire saoudien clôt un mail par insha’Allah. Lu littéralement comme « si Dieu le veut », l’expression peut sembler vague. En réalité, elle a une fonction culturelle précise : marquer un engagement sincère tout en reconnaissant qu’aucun engagement humain n’est absolu. La traiter comme un blanc-seing ou comme un refus poli, dans les deux cas, c’est une erreur de lecture.

Maîtriser les mots de l’autre, c’est gagner en finesse de jugement. Nos formations pour optimiser sa communication interculturelle et manager une équipe multiculturelle sont conçues pour développer cette acuité au quotidien.

Notre invitation pour le 21 mai 2026 : à vous d’écrire le dictionnaire

Pour cette édition 2026, Akteos lance un dictionnaire collaboratif des mots intraduisibles. Chaque fiche éclaire un mot, sa langue, son sens, et ce qu’il révèle de la culture qui l’a inventé.

Et surtout, le mur ci-dessous est ouvert à vos contributions. Un mot dans la langue de vos parents ? Un terme appris en mission à Bangalore ou à São Paulo ? Une expression idiomatique entendue chez un client étranger ? Partagez-le. Chaque contribution vient enrichir un patrimoine collectif que nous construisons ensemble.

Pour proposer un mot, cliquez sur le + en haut de la colonne correspondant à la région du monde concernée, et remplissez : le mot, sa langue, sa région, son sens, et ce qu’il dit de la culture qui l’a inventé.

La diversité culturelle n’est pas un slogan. Ce sont des centaines de mots, par milliers, qui attendent qu’on les écoute.

À retenir

  • La Journée mondiale de la diversité culturelle se célèbre chaque 21 mai depuis 2002, à l’initiative des Nations Unies et de l’UNESCO
  • Les mots intraduisibles d’une langue révèlent ce qu’une culture a jugé essentiel à nommer
  • Le Positive Lexicography Project de Tim Lomas (Université Harvard) recense plus de 1 600 mots intraduisibles à ce jour
  • En entreprise, ces nuances pèsent sur le recrutement, le management à distance et la négociation
  • Akteos lance un dictionnaire collaboratif de mots intraduisibles, ouvert aux contributions sur le mur intégré ci-dessus

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